Histoire

Les centres d’amitié, tels qu’on les connaît aujourd’hui, ont vu le jour dans les années 1950, une période marquée par une migration accrue des Autochtones vers les plus grands centres urbains. Les organismes autochtones sont issus d’un besoin sans équivoque de fournir des services spécialisés d’aide aux nouveaux arrivants Autochtones. Le but de ces organismes est d’offrir des services d’aiguillage et de counseling en matière d’emploi, de logement, d’éducation, de santé et ils servent d’agent de liaison avec d’autres organismes communautaires.

Le nombre de centres d’amitié augmente en fonction de la demande de services par les premières Nations, les Inuits et les Métis qui migrent en milieu urbain. Au fil du temps, la nature des programmes et l’offre de services se sont rapidement enrichis.

À la fin des années 1960, les centres d’amitié ont commencé à s’organiser en Associations provinciales/territoriales (APT) et un comité directeur des centres d’amitié a été mis sur pied afin d’examiner la faisabilité de mettre en place un organe national pour assurer la représentation du nombre croissant de centres d’amitié.

En 1972, les centres d’amitié dépendaient, dans une grande mesure, des travailleurs bénévoles et de leur capacité d’obtenir du financement d’exploitation au moyen de diverses activités de financement leur permettant de réunir des dons privés et de petites contributions de fondations et des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux. Au cours de cette époque, les centres d’amitié ont aussi évolué pour passer de services d’aiguillage à des mécanismes de prestation de services sociaux de première ligne. C’est aussi en 1972 que le gouvernement du Canada a officiellement reconnu la viabilité des centres d’amitié et a mis en œuvre le Programme des migrants autochtones (PMA).

En 1976, le gouvernement a effectué une évaluation du PMA qui a révélé le rôle crucial que les centres d’amitié jouent dans les collectivités qu’ils desservent et la base d’appuis communautaires élargie qu’ils ont réussi à se constituer.

Les centres d’amitié ont aussi été capables d’utiliser des ressources limitées de façon flexible et créative tout en rendant des comptes à leurs collectivités et en dépit des nombreux obstacles rencontrés, ils ont toujours continué d’élargir la gamme de programmes et de services qu’ils offraient aux Autochtones vivant en milieu urbain.

En 1983, l’ANCA et le Secrétariat d’État du Canada ont négocié l’évolution du PMA pour en faire un programme des centres d’accueil autochtones enrichi. Ce programme, doté d’un mandat de 5 ans, reconnaissait officiellement les « centres d’amitié » comme des institutions autochtones légitimes œuvrant en milieu urbain pour répondre aux besoins des Autochtones. En 1988, le programme des centres d’accueil autochtones est devenu le Programme des centres d’amitié autochtones (PCAA) qui a obtenu un financement permanent de la part du Secrétariat d’État.

La relation financière a été profondément bouleversée en 1996 lorsque la responsabilité administrative du PCAA a été transférée du ministère du Patrimoine canadien à l’ANCA. Cette nouvelle entente a fait en sorte que l’ensemble des fonds d’exploitation du PCAA devenait administré par l’ANCA pour les centres d’amitié et les APT. Ce transfert a marqué une nouvelle ère dans les relations entre les Autochtones et le gouvernement et, à ce jour, reflète une relation unique avec le gouvernement du Canada.

La ratification de cette nouvelle entente par le gouvernement démontrait un engagement d’accroître la capacité et la durabilité des organismes autochtones.

Aujourd’hui, plus d’un demi-siècle après l’apparition des centres d’amitié au Canada, le Mouvement des centres d’amitié a pris de l’expansion et continue d’offrir les mêmes programmes et services essentiels aux Autochtones vivant en milieu urbain au Canada. Au total, 117 centres d’amitié sont membres de l’ANCA.

Le Mouvement des centres d’amitié est unique dans le spectre des services spécialisés qu’il offre aux Autochtones vivant en milieu urbain au Canada.

Origine du Mouvement des centres d’amitié
1951    Centre d’amitié établi à Toronto (Ont.) – North American Indian Club.
1952   Centre d’amitié établi à Vancouver (C.-B.) – Coqualeetza Fellowship Club.
1959   Centre d’amitié établi à Winnipeg (Man.) – Indian and Métis Friendship Centre.
1968   26 centres d’amitié au Canada.
1969   Comité directeur des centres d’amitié mis sur pied pour examiner la faisabilité d’un organisme national pour représenter les centres d’amitié.
1972   L’Association nationale des centres d’amitié est incorporée en tant qu’organisme à but non lucratif (1975). Le gouvernement du Canada met en œuvre le Programme des migrants autochtones (PMA). Le Canada compte 43 centres d’amitié.
1983   L’ANCA et le Secrétariat d’État négocient l’évolution du PMA pour en faire un programme des centres d’accueil autochtones enrichi. Le Canada compte 80 centres d’amitié.
1988   Le programme des centres d’accueil autochtones devient le Programme des centres d’amitié autochtones (PCAA) qui obtient le statut de bénéficiaire d’un financement permanent de la part du Secrétariat d’État.
1996   Le ministère du Patrimoine canadien, autrefois le Secrétariat d’État, transfère la responsabilité administrative du PCAA à l’ANCA. Le Canada compte 114 centres d’amitié.
2001   L’ANCA revoit l’entente de transfert du PCAA intervenue entre le PCH et l’ANCA.
2012   Le Canada compte 117 centres d’amitié.

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